L'affiche de la pièce
© Jean-Luc Gohard

Mise en scène et scénographie :
Jeanne Mathis
avec :
Stéphane Bault (Pinaille)
Yves Borrini (Vrogne)
Maryse Courbet ( Le Choeur)
Sophia Johnson (Angela)
Création Lumières :
Yvan Mathis
Création Son :
Zidane Bousssouf
Construction Décors :
Jean Paul Bourgois

La Lune des pauvres Jean Pierre Siméon

Le Spectacle

Jean-Pierre Siméon est un poète magnifique qui parle au coeur autant qu'à l'esprit.
Avec son sens du comique il réinvente la tragédie moderne.
Quatre personnages, proches des figures de Beckett, racontent la quête éternelle, drôle et lamentable, de Budapest à l'Océan, de deux inséparables, deux presque-clowns « Vrogne et Pinaille » qui croisent le chemin d'« Angela » tombée d'on ne sait d'où (peut-être du ciel ?).
Quête de l'amour, quête de l'humain, quête de l'espoir, fuite de la pauvreté?
Ils arpentent le monde et leurs rêves, guidés par «le Choeur».

Jean Pierre Siméon à propos de La Lune des pauvres

« Entre l'amour et l'horreur, juste la place d'un monde, le nôtre, abîme dont nous avons, hommes de peu, tout tenté. Et comment se fait-il que, lorsque passe une espérance, on lui fasse la peau comme des voyous ivres dans le fond d'une impasse tuent et retuent leur seule raison de vivre? Appelez cela, si vous voulez, une tragédie, mais c'en serait alors la parodie sinistre, puisque le sang qu'on y répand n'a plus valeur de symbole : il bouillonne, il fume, et il pue pour de bon. Ou bien une tragédie baroque, parce que contaminée par le grotesque, le trompe-l'oeil et l'esprit d'épicier (voyons, rapport qualité-prix, que coûte l'espérance ?).
A cette aune, La lune des pauvres est une tragédie baroque. C'est l'histoire de deux types, braves et vulgaires, voués au non-lieu de leur pauvreté, fort embarrassés de cette imméritée beauté qui leur tombe entre les mains, l'étrangère ironique et tendre qui vient là pour mourir. Ils s'y prennent comme des manches et la tuent au hasard, sans savoir s'ils l'aimaient. C'est pathétique et bête comme la colère du fou qui hurle contre la pierre où il s'est brisé l'orteil.
Mais dans toute colère il y a de la grandeur, non ? »

Jean-Pierre Siméon

Scénographie

Espace urbain - espace industriel
Espace ouvert - espace vide
Là-bas la campagne et la mer, surtout la mer.
Pour s'y baigner, pour son remugle, pour ses colères
Intérieur et extérieur tout à la fois, clos et sans limite
Le voyage et l'immobilité
Il ne représente rien : il est un état du monde
Le monde de Vrogne et Pinaille : rugueux, laid, beau, indéchiffrable, pas fait pour eux.
Des murs - certains étayés ou incomplets - le temps se voit - construction - démolition.
Des trouées - portes branlantes - un fond sans fond : une bâche plastique.
Graffitis - inscriptions - tags : Jean-Michel Basquiat
La langage mauvaise herbe envahit les murs ? la poésie dévore les lieux d'abandon.
Et de l'eau
Ca coule doucement ? invisiblement
Et la lumière change. Le personnage du choeur l'évoque à chacune de ses interventions. Le choeur aime bien barbouiller avec la lumière : chromos, pastels ou lumière de déréliction, lumière de métal gris

Extraits Pépites

Pinaille :
"Je croyais qu'ils te l'avaient coupé l'orteil"

Vrogne :
"On me l'a coupé oui
mais ça change rien
même coupé il fait mal
d'ailleurs quoi Pinaille tu sais bien
c'est ce qu?on a plus qui fait mal
qui brûle qui te lance qui démange"

.../...

Vrogne :
"Faut que les pauvres tuent les riches
c'est pas un plan
c'est comme faut que les abeilles aillent aux fleurs
il s'agit d'instinct c'est tout"

.../...

Pinaille :
"Putain parle pas de rosbif j'ai dit"

.../...

Vrogne :
"Faudrait un grand vent qui meugle là-dedans
et ça ferait chalutier tout ce qu'il y a de vrai
tiens ferme les yeux serre le col
tangue mon gars tangue avec moi
y a du raffut après la barre du port
tu sens l'embrun ?"

Pinaille :
"T'es frappé non ?
un putain de parking voilà
et j'aime pas la mer"

Vrogne :
"T'aimes rien"

Pinaille :
"Ouais j'aime rien
et surtout pas faire du bateau dans un parking
avec un crade à demi fêlé"

.../...

Le choeur :
"Petit matin d'hiver, lumière de métal gris, climat d'absolue déréliction
Celui qu'énonce le fameux proverbe : si la merde valait de l'or les pauvres n'auraient pas de cul."

.../...

Vrogne :
"J'ai plus les moyens d'aimer les femmes
plus les rêves pour
plus rien dans ma boîte à lyrisme
j'ai le coeur comme un vieux sac
qui a trop traîné
il ne pourrai plus porter
même le simple regret d'un sourire"

.../...

Pinaille :
"Qu'est-ce qu'on mange à midi ?"

Vrogne :
"Des artichauts"

Pinaille :
"Putain non pas encore des artichauts"

Vrogne :
"C'est plus facile à voler"

Pinaille :
"C'est plus facile à voler ?"

Vrogne :
"A cause de la queue pardi
cours avec des pommes tu verras"

.../...

Angela :
"C'est à vous que je parle
Dieux magnifiques encore(...)
l'homme sait ce qu'il vaut
et que la plus basse espérance
pourvu qu'elle soit bassement humaine
vaut mille fois davantage que
le feu parfumé de vos barbes
parce que l'espérance seule
pourvu qu'elle soit bassement humaine
tient la balance juste
entre le meurtre et le baiser
laissez-nous aimer et mourir
comme les vagues aveugles
et moi
laissez-moi mourir
dans un baiser silencieux"

Les dates

08 NOVEMBRE O6 21H LORGUES(83) SALLE F.MITTERAND
10 NOVEMBRE 06 21H SAINT RAPHAEL PALAIS DES CONGRES
17 NOVEMBRE 06 21H AUBAGNE THEATRE COMOEDIA
26 JANVIER O7 20H30 HYERES THEATRE DENIS
29 MAI 07 20H30 MARSEILLE LE GYPTIS
30 MAI 07 19H15 MARSEILLE LE GYPTIS

Conception : titOm / Graphisme : Olivier Leycuras
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