L'affiche de la pièce

Adaptation- mise en scène :
Yves BORRINI
Avec la complicité
d'Alexis MOATI

avec :
Stéphane BAULT
Yves BORRINI
Maryse COURBET
Walter N'GUYEN


lumières :
Ludovic VELON
Son :
Walter N'GUYEN
Graphisme et affiche :
Stéphane BAULT
Costumes :
Maryse COURBET

Rhinoceros d'après Eugène Ionesco

Eugène Ionesco

Né en 1909, écrivain français d'origine roumaine, glisse l'absurde au milieu du quotidien, tourne en dérision les rapports sociaux et le langage qui les traduit, et mêle le rêve et la réalité.


Rhinocéros par Ionesco

« (…) le propos de la pièce a bien été de décrire le processus de nazification d'un pays ainsi que le désarroi de celui qui, naturellement allergique à la contagion, assiste à la métamorphose mentale de sa collectivité(…) »
Notes et contre-note, Gallimard 1962

« J'ai fait, il y a longtemps déjà, l'expérience du fanatisme. (…) c'était terrible (…) le fanatisme défigure les gens (…) les déshumanise. J'avais l'impression physique d'avoir affaire à des êtres qui n'étaient plus des humains (…). J'ai eu l'idée de peindre sous les traits d'un animal ces hommes déchus dans l'animalité, ces bonnes fois abusées, ces mauvaises fois qui abusent »
Le Figaro Littéraire 23/01/1960

« Rhinocéros est sans doute une pièce antinazie, mais elle est aussi, surtout, une pièce contre les hystéries collectives et les épidémies qui se cachent sous le couvert de la raison et des idées, mais qui n'en sont pas moins de graves maladies collectives dont les idéologies ne sont que les alibis : si l'on s'aperçoit que l'histoire déraisonne, que les mensonges des propagandes sont là pour masquer les contradictions qui existent entre les faits et les idéologies qui les appuient, si l'on jette sur l'actualité un regard lucide, cela suffit pour nous empêcher de succomber aux « raisons » irrationnelles, et pour échapper à tous les vertiges. »
Préface pour Rhinocéros


Rhinocéros par Le Bruit des Hommes

Du Théâtre à Brûler
Monter aujourd'hui Rhinocéros à Toulon, c'est un travail de circonstance, bien sûr. Travail rapide : il y aurait comme une urgence. Etrange destin que celui de cette pièce, tombée dans les oubliettes et qui rejoint l'actualité presque 40 ans après son écriture !

Répondre aux circonstances. Ne pas rester muets. Faire un signe au public. Au jeune public.

A voir le succès que nous avons rencontré au Festival d'Avignon, il faut croire que ce signe est attendu de beaucoup, que cette circonstance toute toulonnaise est aussi celle de beaucoup d'autres avec lesquels nous partageons…disons l'essentiel.

Au départ, une idée derrière la tête : un théâtre forain, la grossièreté du carnaval- exorcisme du carnaval, donc jouer à se faire peur- le tout allié à une certaine idée du clown : sa tragique et universelle naïveté qui le rend immortel.
« Le clown est le sémaphore de la tragédie de l'homme. Il endosse toutes les déchirures et les peines de la condition humaine (…) Mais ce poids il peut le transcender grâce à sa naïveté si totale, grâce à tout ce qu'il ne sait pas. (…) Le clown est un lapsus vivant » Alexis Moati
Il n'y a que le lapsus qui puisse contenir les dogmes, démonter les totalitarismes, enrayer cette montée de la « rhinocérite ».

Donc avec une quinzaine de masques du Carnaval de Bâle, un nez de clown, un décor mobile, nous nous sommes mis au travail en vue d'une forme brève… Une mise en scène, c'est toujours comme un voyage, on sait d'où l'on part, on ne sait pas où et quand on arrive…

On évoquera Kafka et on n'aura pas tort, une histoire cauchemar implacable comme les scenarii d'Hitchcock.
C'est du spectacle, c'est du beuglant.
C'est autobiographique, Ionesco-Bérenger, qui ne supporte la vie qu'avec force cognac et moult pitreries, des résolutions d'hommes soûl.
L'amoureux qui a peur des femmes.
L'hommes qui n'a plus honte de ses faiblesses et qui sait dire non.
Ionesco a su dire non. Bérenger sait dire non.

Finalement proche de Brecht qu'il vilipendait et pas si éloigné de Beckett sur lequel il ironisait.

Le temps a travaillé, et nous aussi.

Yves Borrini


Conception : titOm / Graphisme : Olivier Leycuras
logo de la compagnie du Bruit des hommes
33 avenue de Provence 83136 Néoules
Tél : 06 11 08 67 82 - 04 94 72 79 67 - Siret : 347 554 578 00059